LE SCREENSHOT DE SEB!
Sébastien Mourey
Véritable passionné par l'innovation et convaincu que le futur de la santé passe par la construction de nouveaux outils basés sur des données structurées (Data Mining), protégées mais accessibles au sein d'un réseau transparent et sécurisé (Blockchain) et régies par des algorithmes performants (Intelligence Artificielle).
Fondateur et CEO de ScreenACT : une startup qui développe des solutions d'optimisation de la recherche clinique et avec le lancement de ScreenAPP une web-application qui facilite le screening des patients dans les essais cliniques grâce à une base de données de haute qualité et un algorithme ultra-performant.
LA MEDECINE MODERNE AIME LES STANDARDS !
Même tumeur, même mutation, même traitement, même dose.
Sur le papier, l’équité est parfaite. Dans la vraie vie, beaucoup moins, surtout chez les femmes âgées.
Sur le papier, l’équité est parfaite. Dans la vraie vie, beaucoup moins, surtout chez les femmes âgées.
Car ce sont elles qui vivent le plus longtemps avec la maladie, qui reçoivent le plus de traitements, et pourtant elles restent largement absentes des essais cliniques ayant validé ces stratégies. On soigne aujourd’hui des femmes âgées avec des données produites chez des patients plus jeunes, plus robustes, souvent masculins. Et on s’étonne ensuite qu’elles présentent davantage d’effets indésirables, pour une efficacité globale comparable.
Immunothérapies ou thérapies ciblées, le schéma est le même : dose fixe, patient standard.
Une femme de 50 kilos de 75 ans reçoit la même dose qu’un homme de 90 kilos de 60 ans. Non pas parce que leur physiologie est identique, mais parce que la standardisation est plus simple que l’adaptation. Chez les femmes âgées, cette approximation se traduit souvent par plus de toxicité, plus d’interruptions, plus d’ajustements empiriques.
Une femme de 50 kilos de 75 ans reçoit la même dose qu’un homme de 90 kilos de 60 ans. Non pas parce que leur physiologie est identique, mais parce que la standardisation est plus simple que l’adaptation. Chez les femmes âgées, cette approximation se traduit souvent par plus de toxicité, plus d’interruptions, plus d’ajustements empiriques.
L’étude ASTER 70s est venue rappeler une évidence que beaucoup pressentaient déjà. Chez des femmes de plus de 70 ans atteintes d’un cancer du sein hormonodépendant, l’ajout d’une chimiothérapie adjuvante n’apporte pas de bénéfice significatif en survie globale, mais augmente clairement la toxicité. Autrement dit : traiter plus fort ne change pas l’issue, mais dégrade la tolérance.
Ce résultat n’a rien de révolutionnaire. Ce qui l’est davantage, c’est le temps qu’il a fallu pour le démontrer. Des années de pratique, d’intuitions cliniques, de données de vie réelle… avant qu’un essai ne pose enfin la question. Des années pendant lesquelles des femmes âgées ont été exposées à des traitements lourds, faute de preuves pour justifier une désescalade.
ASTER ne révèle pas une surprise scientifique.
Elle révèle le retard avec lequel la recherche accepte de questionner ses propres standards, surtout lorsqu’il s’agit de femmes âgées.
Traiter tout le monde pareil n’a jamais été un gage de justice.
Et dans une population qui vieillit, persister dans cette illusion n’est plus seulement injuste, c’est médicalement incohérent.
Les femmes âgées ne demandent pas des traitements différents par principe.
Elles demandent des traitements pensés pour elles, et testés avec elles.
Parfois, le vrai progrès n’est pas d’en faire plus. C’est enfin d’avoir le courage de faire moins.
